Thierry Dusautoir

29/09/2015
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Extrait de l’agenda scolaire « Sports et Valeurs de l’ association l’enfance de l’art »

Agenda 2010 : « Dès l’âge de 4 ans, ma mère m’a mis au judo pour me calmer un peu car j’étais turbulent. Là, j’ai découvert des valeurs comme la discipline, le contrôle de soi et le respect.
C’est à l’âge de 15-16 ans que j’ai commencé le rugby. J’ai pratiqué les deux sports durant deux ans et l’envie de vivre l’aventure d’équipe avec des copains a été la plus forte. J’ai choisi le rugby. C’est un sport d’équipe par excellence. Tout le monde peut y trouver sa place quel que soit son physique. Le petit rondouillard complexé à l’école ne l’est plus sur le terrain… Moi, j’avais des complexes et ça m’a aidé.
Le rugby est un sport de combat. La solidarité aussi y a toute sa place. On apprend à donner le maximum pour l’équipe sans calcul et sans certitude de recevoir en retour. On sait que la réussite collective conduit à la satisfaction individuelle. Au bilan, le sport m’a donc permis d’être mieux dans ma peau. Le judo m’a donné les valeurs de base et le rugby m’a permis de me construire en tant qu’homme et de me développer socialement. »

Agenda 2013 : « Ce qui m’anime encore aujourd’hui, ce qui me pousse à travailler dur tous les jours à l’entraînement, c’est d’abord l’amour de mon métier, l’amour de ce que je fais. Pouvoir vivre de sa passion est une chose extraordinaire. J’ai conscience de connaître des moments formidables, à travers des émotions particulières, à travers le fait d’évoluer dans des stades de plus de 80 000 places. C’est pour vivre ces instants, même s’ils sont éphémères, que je fais tant d’efforts au quotidien. Il y a, en outre, le côté compétiteur, inné chez moi, qui m’incite à me surpasser.
Alors, forcément, imaginer une existence sans rugby me fait un petit peu peur, dans la mesure où ce sport me procure des émotions que l’on ne vit pas tous les jours. Pour autant, même lorsque j’arrêterai de jouer au rugby, je ne serai pas triste. Car il faut toujours garder à l’esprit que la vie offre de merveilleuses choses à découvrir.   »

Agenda 2012-2014 : « Lorsque je suis devenu capitaine de l’Equipe de France de rugby, cela a été, pour moi, une grande fierté. C’est un titre honorifique. Cela signifiait que j’avais gagné le respect de mes coéquipiers et que mes performances et mon investissement étaient reconnus. Mais le brassard, c’est aussi une charge, une responsabilité. Il faut être capable d’aiguiller l’équipe sur de bons rails et de la représenter du mieux possible. La notion d’exemplarité est importante, que ce soit sur le terrain ou dans la vie, même si elle n’est pas toujours évidente à honorer. Il faut savoir, parfois, s’oublier au profit de l’équipe, se sacrifier lorsque tout va mal et ne jamais oublier qu’on dépend du travail des autres. La priorité, c’est la performance du groupe. C’est de cette manière qu’on acquiert une légitimité. Plus jeune, jamais je n’aurais pensé devenir capitaine car je ne m’imposais pas comme un meneur, on ne faisait pas forcément attention à moi. Mais j’ai compris qu’il y avait plusieurs façons d’être un leader. Il n’y a pas besoin d’être extraverti, d’avoir le bon mot à chaque fois. Il faut savoir ce que l’on veut et où l’on va. Ce sont aussi les écueils rencontrés dans la vie qui nous permettent de devenir plus forts et d’assumer certaines charges. Je m’oblige à rester le même, à rester naturel et à ne pas me poser trop de questions, même quand tout va bien et qu’en tant que capitaine, je reçois tous les lauriers. Car j’ai bien conscience qu’un jour ou l’autre, je passerai le flambeau. »

 

Capitaine du XV de France (65 sélections),
Vainqueur du tournoi des 6 nations 2010 (Grand chelem),
Finaliste de la Coupe du Monde 2011,
Champion de France en 2005, 2006 (Biarritz), 2008, 2011 et 2012 (Toulouse).