Plastics Vallée et Julien Issartel pour l’insertion

Plastics Vallée et Julien Issartel pour l’insertion

Plastics Vallée et Julien Issartel pour l’insertion

by 13/11/2015

Julien IssartelManager général du Plastics Vallée FC, Julien Issartel est un des porteurs du projet « INSERFOOT ». En Rhône Alpes, son club s’est retroussé les manches pour tenter de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Une remarquable initiative… et un exemple à suivre.

Julien Issartel, pourquoi le club de Plastics Vallée s’est-il engagé dans un projet socio –éducatif et d’insertion professionnelle ?

« Le Plastics Vallée Football Club compte 500 licenciés. En 2010, notre club a commencé à ressentir les effets d’un contexte économique local tendu, se traduisant sur le terrain par des incivilités, des comportements violents. L’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi notamment chez les jeunes, le décrochage scolaire de plus en plus jeune, frappaient de plein fouet certains de nos jeunes licenciés. Nous avons donc décidé de sortir du cadre de l’objet social d’un club sportif – développer la pratique sportive – et de développer des actions socio-éducatives et d’insertion professionnelle pour lutter contre le décrochage scolaire et favoriser l’insertion professionnelle. Tout d’abord auprès de nos jeunes licenciés, puis auprès des jeunes du territoire, pratiquants sportifs ou non. »

Comment y êtes-vous parvenus et avec qui ?

« Sous l’impulsion du président, Gérard Goujon, nous avons mis en œuvre diverses actions  et nous continuons à les développer depuis. Elles reposent toutes sur le même socle : le sport comme levier à l’éducation et l’insertion professionnelle. Notre projet d’insertion professionnelle – Stage INSERFOOT – primé au concours « Fais Nous Rêver », n’a cessé d’évoluer depuis 2010. Nous avons commencé par parrainer au sein du club, nos jeunes licenciés en difficultés d’insertion professionnelle ou simplement à la recherche de stages en entreprises. »

Il vous a fallu trouver de solides appuis ?

« Nous les avons trouvés en mobilisant d’une part nos dirigeants et membres, et d’autre part notre réseau de sponsors, employeurs potentiels. Puis nous avons organisé des rencontres de foot entre entreprises et jeunes demandeurs d’emploi, afin de favoriser le contact entreprise – jeune. Mais certains jeunes n’avaient pas les savoir-être attendus, ou n’osaient pas aller au contact de l’entreprise, il a donc fallu développer un stage leur permettant de prendre confiance en eux, de développer les savoir-être et les préparer à l’emploi.

Lorsque vous parlez des jeunes, à quelle tranche d’âges songez-vous ?

« Aujourd’hui, le stage INSERFOOT est ouvert à tous, licenciés ou non. Il suffit d’être âgé de 16 à 25 ans et d’être motivé pour y accéder. Et d’être disponible 5 semaines pour participer à l’intégralité des modules : sport pour révéler et développer les savoir-être, coaching professionnel, expression orale, visites de centres de formation et d’entreprises, relooking, formation 1ers secours…

En parallèle et en amont, d’autres actions ont été développées, afin de lutter contre le décrochage scolaire, favoriser la pratique du football pour tous, développer la pratique féminine. »

Quelles ont été les difficultés rencontrées et à l’inverse, qu’est-ce qui a facilement fonctionné ?

« Les partenaires n’ont pas forcément été très faciles à mobiliser au tout début. Un club de football acteur de l’insertion professionnelle ? Ce n’était pas habituel, il fallait faire ses preuves, prouver que le sport peut être un formidable moteur. Cela a généré un surcroît de travail pour les équipes, qu’il a fallu structurer au fil des créations d’actions. Les premières actions ont été lancées sur nos fonds propres. Les premiers résultats positifs sont arrivés. Aujourd’hui acteur local reconnu, nous travaillons en parfaite collaboration avec tous les acteurs locaux : Pôle Emploi, Mission Locale… et sommes soutenus par la Ville, la Communauté de Communes, le Département, la Région, nos sponsors… »

Ce projet Inserfoot est-il transposable ailleurs ?

« Bien sûr, ce projet est transposable ailleurs, à condition que les dirigeants soient suffisamment convaincus et convaincants pour faire adhérer l’intégralité des membres et des permanents au projet. De plus, il est nécessaire de s’appuyer sur un réseau de partenaires (acteurs de l’insertion, employeurs potentiels…) et d’avoir la capacité à développer son réseau. »

Imaginez-vous d’autres prolongements ?

« Aujourd’hui, INSERFOOT, c’est deux sessions par an et 24 jeunes suivis au total. Nous développons une nouvelle action, la « Plateforme de la Réussite », stage de 7 mois mixant mission de service civique et modules d’insertion professionnelle tirés de notre expérience INSERFOOT. »

Par quels moyens vous paraît-il possible de développer en France, l’éducation par le Sport ?

« Les moments de partage entre associations, comme ceux proposés par l’APELS lors des ateliers EDUCASPORT, sont essentiels. Il faut pouvoir partager nos expériences, prouver qu’utiliser le sport comme levier fonctionne, rassurer sur la faisabilité et le lancement de telles actions. La création d’un guide pratique, d’une « boîte à outils », permettait également aux structures de les aider à concevoir des actions d’éducation par le sport.

De plus, il faut d’une part impliquer les élus des collectivités territoriales qui peuvent accorder des subventions par objectif, et d’autre part les dirigeants des clubs associatifs qui doivent sortir du cadre du sport compétition pour aller vers un sport éducatif.

Certains clubs ont certainement vocation à se diriger vers la compétition et à faire rêver les jeunes, pendant que d’autres clubs peuvent utiliser ces rêves comme moteur pour des actions socio-éducatives et d’insertion professionnelle auprès des jeunes. »