Lucie Forsans et Amahoro pour Madagascar

07/10/2015

Référence en matière de citoyenneté et d’éducation par le sport, le dispositif « Fais nous rêver » vient de récompenser l’association Amahoro et son projet solidaire à destination d’un village à Madagascar. Le sport est un lien sans frontière.

Lucie Forsans, comment est née cette aventure ?

« L’idée est venue d’étudiants en faculté de sport qui souhaitaient s’engager dans des projets internationaux. En effet, il existe peu d’opportunités en ce sens en STAPS, que ce soit des stages à l’étranger, du volontariat… Des étudiants ont donc monté un projet de A à Z en prenant contact avec des associations de solidarité internationale rennaise puis avec leurs futurs partenaires malgaches, tout en s’entourant d’acteurs rennais. Le partenaire malgache (le village d’Ankerana) avait déjà une certaine dynamique sportive au sein du village mais peu de moyens pour la développer. Un projet a donc été co-construit afin de faciliter l’accès au sport et aux loisirs pour tous.

Le nom du projet a aussi une forte signification ?
Il se nomme « Passe’sport à Madagascar ». Il s’agit d’une nouvelle dénomination pour la poursuite du projet « mad’en action » (conduit en 2013-2014). Ce nom semblait avoir plus de sens pour avec le mot « passe » qui évoque un droit d’accès et le « passeport » qui renvoie bien évidemment à l’international. L’articulation « passe’sport » illustre donc pour l’association l’accès au sport dans nos programmes internationaux. »

Quels sont les objectifs ?

« Le projet consiste à développer et démocratiser la pratique sportive dans un village très isolé de Madagascar. Dans ce projet, le sport constitue en réalité une porte d’entrée qui a permis de travailler sur des droits/besoins fondamentaux que sont l’éducation, la formation, les loisirs ou encore la lutte contre l’exclusion (handicap). Les actions réalisées sont diverses mais complémentaires et elles ont évolué en fonction des requêtes et besoins de notre partenaire : construction d’équipements sportifs (terrain de basket/volley et réhabilitation d’un terrain de football), formation d’entraîneurs, mise en place d’activités adaptées avec des enfants en situation de handicap, réhabilitation d’une école primaire et d’un bâtiment communautaire, etc… »

Comment a-t-elle été mise en œuvre et avec qui ?

« Cela fait maintenant trois ans que les membres de l’association Amahoro travaillent en partenariat avec le village d’Ankerana (région des Hauts Plateaux à Madagascar). Des bénévoles et étudiants se rendent sur place pendant un mois, l’été, pour travailler sur le renforcement des capacités du partenaire. Tout au long de l’année, le village s’est organisé en comité sportif et met en place des entraînements sportifs, des tournois. De la même manière, une éducatrice sportive adaptée y va régulièrement afin de travailler avec les enfants en situation de handicap. »

Sur le plan sportif, il y a le foot mais pas seulement, cela se traduit par quoi ?

« Aujourd’hui, ce projet concerne une dizaine d’équipes de football soit presque 80 personnes, l’association a formé une dizaine d’entraîneurs, deux nouvelles équipes sportives ont été montées pour le basket et le volley et elles mobilisent une vingtaine de participants dont la moitié de femmes. Une dizaine d’enfants en situation de handicap et leurs familles, bénéficient des animations adaptées. Pour les « chantiers », des équipes locales de maçons et d’habitants travaillent en coopération. Tout ce travail est piloté au quotidien par notre coordinatrice générale et un coordinateur sportif.»

Quelles ont été les difficultés rencontrées et, à l’inverse, qu’est-ce qui a facilement fonctionné ?

« Les partenaires ont tout de suite été extrêmement motivés et réactifs sur le terrain. Le suivi du projet est régulier et les activités perdurent toute l’année. La difficulté reste la distance mais elle est palliée par les nombreux échanges entre la coordinatrice générale et Amahoro, par une organisation locale très développée (en comité) et par une superbe appropriation du projet par les locaux. »

Ce projet est-il transposable ailleurs ? Imaginez-vous d’autres prolongements ?

« Oui, l’idée du projet est transposable ailleurs, c’est d’ailleurs le message que porte notre association. Le sport peut être un levier de développement et un outil pour travailler sur différentes questions comme la santé, l’éducation, le handicap, la condition des femmes… Cependant le projet doit impérativement s’adapter au partenaire que l’on a en face. En effet s’il peut être vecteur sur un territoire, il doit avant tout répondre à une volonté locale. »

Par quels moyens vous parait-il possible de développer en France, l’éducation par le sport ?

« La table-ronde que nous organisons le 28 novembre ainsi que la venue de nos partenaires malgaches en novembre prochain, semblent de bons exemples. En effet, il faut, dans un premier temps témoigner et montrer qu’utiliser le sport comme levier peut fonctionner. Ensuite il faut procurer des outils et montrer aux différents acteurs, aux différentes associations qu’il est possible de s’entourer pour développer de tel projet. C’est par l’action et la mise en place de nos projets que nous avons commencé à convaincre. Convaincre tout d’abord les bailleurs et les collectivités qui ont cru en nos projets et nous ont soutenus, puis d’autres associations. »

Contact sur : https://www.facebook.com/AssociationAmahoro