Le football doit se changer en profondeur

23/09/2015
By goldenbembel -CC BY 2.0 via Wikimedia Commons

By goldenbembel [CC BY 2.0 ], via Wikimedia Commons

On s’insurge, on dénonce, on tempête… Tout le monde a pointé du doigt « l’inacceptable », « l’intolérable comportement » des supporters de l’Olympique de Marseille, dimanche lors du match « phare » de la 6e journée de Ligue 1. Tout le monde y va de ses critiques. Tout le monde réclame des sanctions « exemplaires ». Mais la litanie est trop connue… Plus jamais ça, bien sûr !

Et brusquement des visages connus (eux aussi) prennent le masque du redresseur de tort et du donneur de leçons. Enfant turbulent d’une société agitée et violente, pourquoi le football ne serait-il pas capable du pire en se focalisant sur le retour du « traître » Mathieu Valbuena, sous le maillot de l’OL.

Tacle dangereux d’Alessandrini, potence représentant le joueur pendu haut et court, jets de bouteilles ou de projectiles divers… N’en jetez plus, la cour est pleine a-t-on envie d’ironiser en nous tournant non pas vers les supporters mais vers ceux qui orchestrent la vie de ce football- là. Ne sont-ils pas les véritables responsables ? Là aussi tout le monde à quelques noms au bout des lèvres. Certains ne sont que des lampistes, eux aussi, mais d’autres disposent du vrai pouvoir de faire (enfin) bouger des lignes. Qu’attendent-ils ? On ne parle pas seulement des sanctions et de leur niveau d’exemplarité (l’importance de l’argent et les points perdus n’est plus à démontrer).

On parle là d’une politique beaucoup plus ambitieuse, déterminée et affirmée afin que des comportements changent en profondeur à tous les niveaux d’une planète folle de foot mais pas de ce foot-là. Avant l’Euro 2016 mais surtout pour un autre avenir, il s’agit d’aller beaucoup plus loin dans la sensibilisation et l’éducation ? Vers qui, vers où ? Vers les enfants et leur famille. Vers les éducateurs, joueurs et entraîneurs. Vers les bénévoles qui veillent au lien social et aux respirations des clubs. Et qu’on ne nous dise pas que le football français n’a pas les moyens d’engager une politique de masse, forte et profonde ! À l’évidence, il part de loin mais mieux vaut tard que jamais.

Philippe PERON.