Karim Benzema hors-jeu !

01/06/2016

Karim Benzema est un excellent joueur mais son triomphe en finale de la Ligue des champions face à l’Atlético de Madrid ne l’autorise pas à tout et à n’importe quoi. Après avoir défrayé la chronique en rubrique « faits divers » (raison pour laquelle il n’a pas été retenu par la Fédération et par le sélectionneur Didier Deschamps), l’attaquant du Real de Madrid vient de se placer encore plus loin en position de hors-jeu. Il a aussi franchi des limites graves dans un contexte sociétal qui réclame, au contraire, de la subtilité, de l’apaisement et le sens du bien commun.

« Pression d’une partie raciste »

Benzema vient d’affirmer au journal Marca qu’il ne pensait que pas que Didier Deschamps était raciste mais que « Deschamps a cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. Il faut savoir qu’en France, le parti d’extrême droite est arrivé au deuxième tour des dernières élections… »

Dans le quotidien espagnol, Benzema règle aussi ses comptes avec Mathieu Valbuena (affaire de la sextape) et déplore d’être mal compris et mal aimé en France… Déçu et sur la touche, l’avant-centre a donc choisi de jeter de l’huile sur le feu au lieu de faire amende honorable et de garder sagement le silence.

« Je ne sais pas si c’est une décision individuelle de Didier, car je m’entends bien avec lui, et avec le président (Noël Le Graët) » a-t-il poursuivi.

« Black, blanc, beur »…

Après les tapageuses déclarations d’Eric Cantona et de Djamel Debbouze, pareils propos agitent, un peu plus, des thèses nauséabondes d’exclusion et de ségrégation sociale. Vision injuste, réductrice et inacceptable. On pourrait aussi croire que le football « black, blanc, beur » de 1998 n’est plus qu’un lointain souvenir. C’est faux. Il est encore là, chaque semaine, dans le plaisir partagé des footballeurs du dimanche. Oui le sport et le football contribuent au « Vivre ensemble » et ce n’est pas un égo mal placé qui s’érige trop souvent en victime, qui doit nous le faire oublier. S’il ne joue pas l’Euro et qu’il a le blues au lieu du bleu, Benzema ne peut s’en prendre qu’à lui-même !

Philippe PERON.