Volet 1- Jérôme Fernandez : « la vie ensemble me plaisait »

14/12/2015

L’invité de la semaine de Sports et valeurs.com. Quadruple champion du Monde, double champion olympique et triple champion d’Europe de handball, Jérôme Fernandez (entraîneur-joueur d’Aix-en-Provence) s’est confié à Sportsetvaleurs.com. Couvert de médailles au point d’être parmi les plus titrés des sportifs mondiaux, l’emblématique arrière de l’équipe de France n’oublie pas d’où il vient. Quotidiennement, jusqu’à samedi, il livre son sentiment sur son parcours hors norme et sur les étapes structurantes de sa vie sportive.

SPORTS ET VALEURS : Jérôme, vos parents étaient handballeurs, il vous était difficile de ne pas l’être vous-même ?

Jérôme FERNANDEZ : « C’est vrai, mes parents jouaient au hand tous les deux. Ils se sont rencontrés au handball et ils ont fait leur vie ensemble. Ils ont joué, entraîné et arbitré et les trois garçons qu’ils ont eus (NDLR : Arnaud et Ludovic) baignent aussi dans le handball aujourd’hui. C’est une histoire qui a débuté par les parents. »

Impossible donc de ne pas devenir sportif ?

« Pas sportif de haut niveau forcément mais passionné de sport et de handball oui. J’ai toujours vécu là-dedans avec mes frères. On ne se posait pas du tout la question du niveau de compétition. Cela permettait de passer des bons moments, de rencontrer des gens et finalement, nous passions nos week-ends dans les gymnases à côté de Bordeaux. Mes parents s’occupaient de la buvette, de la 3e mi-temps si besoin et moi j’y passais mes après-midis donc j’étais forcément destiné à finir dans un club de hand, quel que soit le niveau. »

À l’époque, l’ambition d’atteindre le haut niveau était-elle si loin ?

« J’ai jamais été obnubilé par l’idée de faire dans une carrière dans le sport de haut niveau d’autant qu’à l’époque le handball n’était pas professionnel. Je m’étais construit avec l’idée de faire des études, de travailler et de faire du handball pour m’amuser. Il n’y a qu’à l’adolescence qu’on m’a fait comprendre que j’avais les moyens d’aller évoluer vers un haut niveau. Pour autant, je n’imaginais pas de partir de Bordeaux et de faire carrière. »

Vous avez préféré le sport collectif au sport individuel. Pourquoi ?

« C’était aussi le fait d’être un groupe, avec des copains. Il y avait le match mais on restait également ensemble durant la journée. Cela ne se résumait pas au match et on s’en va. C’était plus convivial. Le handball pour moi c’était ça : les copains, les copains de mes parents, rendre service à ramasser les ballons car ma mère entraînait les juniors et mon père arbitrait. La vie ensemble me plaisait. »

Tout le monde parle beaucoup du « Vivre ensemble ». La pratique d’un sport co est-elle le chemin, le bon apprentissage, de ce « vivre ensemble » ?

« Ce qui est certains c’est que le sport forme la jeunesse, permet de rencontrer les gens, de s’épanouir, de prendre confiance en soi. C’est aussi une bonne manière de s’intégrer dans la société. Il y a beaucoup de choses positives. »

Propos recueillis par Philippe PERON. A suivre demain…

Jérôme FERNANDEZ EN BREF. Né à Cernon le 7 mars 1977 (38 ans), 1,99 m pour 106 kg. Champion olympique 2008 et 2012, champion du Monde 2001, 2009, 2011, 2015, champion d’Europe 2006, 2010, 2014. Arrière gauche et meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Vainqueur de la Ligue des champions 2005 et 2009.

Ses clubs : Carbon Blanc, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Barcelone, Ciudad Réal, Kiel, Pays d’Aix. Chevalier de l’ordre national du mérite. Parrain de l’association ELA contre les leucodystrophies.