Volet 2 – Jérôme Fernandez : « Ils étaient fiers, nous aussi »

15/12/2015

L’invité de la semaine de Sports et valeurs.com. Quadruple champion du Monde, double champion olympique et triple champion d’Europe de handball, Jérôme Fernandez (entraîneur-joueur d’Aix-en-Provence) s’est confié à Sportsetvaleurs.com. Couvert de médailles au point d’être parmi les plus titrés des sportifs mondiaux, l’emblématique arrière de l’équipe de France n’oublie pas d’où il vient. Quotidiennement, jusqu’à samedi, il livre son sentiment sur son parcours hors norme et sur les étapes structurantes de sa vie sportive.

SPORTS ET VALEURS : Dans un parcours sportif, le rôle des premiers entraîneurs est souvent déterminant. Quels souvenirs avez-vous des vôtres ?

Jérôme FERNANDEZ : « Au début, il y a eu ma mère, sans doute plus que mon père. Ensuite, j’avais 5 ans et c’était une dame qui connaissait bien mes parents. Je l’ai eu deux ou trois ans à l’école de handball. Elle m’a donné le goût à ça. Elle a compté beaucoup. Ensuite, on a déménagé vers Carbon Blanc. C’était André Goyheix alors le père d’un coéquipier qui nous a entraînés durant 8 ans. On a passé 8 ans à grandir et à évoluer. »

Ces entraîneurs – éducateurs sont aussi ceux qui donnent l’envie d’aller plus loin . N’est-ce pas ?

« Bien sûr, c’est partout pareil. A l’école c’est exactement la même chose. Il faut croiser sur sa route quelqu’un qui vous donne un supplément d’envie. En sport, quand on tombe sur un entraîneur passionné, il vous donne envie. À l’inverse, si vous avez 8 ou 9 ans, et que vous avez un entraîneur qui vous crie dessus en permanence parce que vous ratez une passe, vous êtes écœuré et vous allez voir ailleurs. J’ai eu la chance, jusqu’à maintenant de ne rencontrer que des passionnés et surtout dans mon enfance. Jusqu’à l’âge de 16 ans je n’ai eu que ces deux entraîneurs. »

Ces souvenirs de jeunesse et du savoir-faire de vos éducateurs donnent-ils aussi envie de transmettre à votre tour ?

« Transmettre oui mais pas seulement. C’est aussi avoir un certain comportement. Lorsqu’on évolue au haut niveau, on a l’envie de gagner les matches et il y a de la pression mais personnellement, je souhaite désormais que mes joueurs, lorsqu’ils viennent à l’entraîneur, eux aussi conserve cette notion de plaisir, d’avoir l’envie de progresser. C’est ça qui m’intéresse aujourd’hui plus que le résultat. Aujourd’hui à Aix en Provence, j’ai la chance d’être dans un projet ou on peut me donner du temps certes pour avoir des résultats sur le plan national mais aussi pour former les joueurs. Ma plus grande satisfaction serait que ces joueurs progressent et signent à leur tour dans un plus grand club. J’ai connu cela avec le club de Carbon Blanc. On était trois jeunes de l’équipe à rejoindre les espoirs des Girondins de Bordeaux. Les gens étaient fiers de nous et nous aussi. Il y a des gens que je croise aujourd’hui. Ils m’ont vu évoluer, se rappellent et m’en parlent. Cela fait plaisir et j’ai aussi envie de transmettre ça. »

Propos recueillis par Philippe PERON. A suivre demain…

Jérôme FERNANDEZ EN BREF. Né à Cernon le 7 mars 1977 (38 ans), 1,99 m pour 106 kg. Champion olympique 2008 et 2012, champion du Monde 2001, 2009, 2011, 2015, champion d’Europe 2006, 2010, 2014. Arrière gauche et meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Vainqueur de la Ligue des champions 2005 et 2009. Ses clubs : Carbon Blanc, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Barcelone, Ciudad Réal, Kiel, Pays d’Aix. Chevalier de l’ordre national du mérite. Parrain de l’association ELA contre les leucodystrophies.