Jean-Marc Mormeck : « J’ai appris à me contrôler en boxant »

15/03/2016

L’invité. Ancien champion du Monde poids lourds légers WBA (2002, 2006, 2007) et WBC (2005, 2006, 2007) ; champion intercontinental WBA poids lourds 2010, Jean-Marc Mormeck se confie sur sportsetvaleurs.com… pour l’exemple.

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Jean-Marc, quels conseils donnez-vous aux jeunes qui souhaitent faire de la boxe et y réussir ?

  • « Pour réussir dans la boxe, et globalement dans tout ce que l’on fait, il faut aimer travailler dur, être courageux et surtout ne rien lâcher. Dans ce sport, il n’y a pas forcément de talent pur, tout passe par la volonté et le travail. Pour devenir champion du monde, il faut y croire, avoir confiance en soi et ne pas avoir peur d’affronter les autres. Moi, c’était mon rêve et je me suis donné les moyens de réussir. Il faut vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie. »

Est-ce que vous pouvez dire que la boxe et le sport ont aidé à construire votre vie ?

« J’ai commencé la boxe à 15ans, parce que j’aimais la bagarre et je me suis dit que ça allait être facile mais je me suis vite rendu compte qu’il fallait beaucoup travailler. À l’époque, j’étais très impulsif. J’avais beaucoup d’énergie et je ne savais pas quoi en faire. Au fur et à mesure, la boxe m’a canalisé : je m’énervais moins vite, je devenais moins impulsif et quand je montais sur le ring, je redevenais très calme. J’ai appris à me contrôler en boxant, car la colère est négative et petit à petit je n’ai plus eu envie de me battre.

Que pensez-vous de l’image de la boxe ?
« Il faut redorer cette image négative de la boxe. Je pense qu’il faut aussi que les boxeurs travaillent leur image. La boxe n’est plus comme avant, quand les dockers faisaient ça pour gagner leur vie. Aujourd’hui, la boxe a beaucoup évolué et c’est un sport plus sécurisé et moins violent. Il y a des médecins et on fait très attention aux boxeurs par rapport aux blessures et à leur santé. Les mentalités ont évolué et tant mieux. Mais je pense que les boxeurs doivent améliorer leur image et donner un meilleur exemple. Aujourd’hui on peut être boxeur sans se battre dans la rue. »

Pourquoi avoir tenté le défi des poids lourds ?
« J’étais dans les lourds légers (90 kg). J’ai voulu me lancer un défi et combattre en lourds. C’est un défi tellement énorme que j’avais vraiment envie d’essayer car il n’y a eu que deux poids lourds en France qui ont tenté avant moi ce défi. J’étais aux États-Unis à cette époque et ce challenge a aussi été influencé par la mentalité américaine du «on peut tout tenter, on peut tout faire ». Donc j’ai tenté. »

Que représente la boxe pour vous ?
« J’ai été exemplaire dans ma carrière que ce soit sur le ring ou en dehors, car je voulais vraiment changer l’image de ce sport et montrer qu’on peut être boxeur tout en ayant le respect des autres et en cherchant à se dépasser. Et puis la boxe est aussi un moyen de reconnaissance, car j’en avais besoin en tant que jeune fraîchement sorti de la banlieue. En devenant champion du monde cela montrait au grand public à quel point j’avais travaillé dur. Je voulais changer cette image des jeunes de banlieues en montrant que je pouvais réussir, et je pense l’avoir fait. »

Après une telle carrière, devenir entraîneur ne vous tente pas ?
« Entraîneur non, mais promoteur de boxe oui. C’est-à-dire promouvoir les autres, pouvoir partager mon expérience, de permettre à des jeunes de prendre des raccourcis dans la vie en organisant des combats et en inculquant un comportant irréprochable en leur montrant des vrais champions pour leur donner le bon exemple. Et puis les possibilités après la retraite dépendent de comment on a mené sa carrière, donc il faut faire attention. »

Alexis BORNE.