Volet 3 – J. Fernandez : « Ils sont construits pour les titres »

Volet 3 – J. Fernandez : « Ils sont construits pour les titres »

Volet 3 – J. Fernandez : « Ils sont construits pour les titres »

by 16/12/2015

L’invité de la semaine de Sports et valeurs.com.Quadruple champion du Monde, double champion olympique et triple champion d’Europe de handball, Jérôme Fernandez (entraîneur-joueur d’Aix-en-Provence) s’est confié à Sportsetvaleurs.com. Couvert de médailles au point d’être parmi les plus titrés des sportifs mondiaux, l’emblématique arrière de l’équipe de France n’oublie pas d’où il vient. Quotidiennement, jusqu’à samedi, il livre son sentiment sur son parcours hors norme et sur les étapes structurantes de sa vie sportive.

SPORTS ET VALEURS : A quel moment avez-vous senti que vous étiez attiré par le haut niveau ?

Jérôme FERNANDEZ : « Il y a plusieurs moments car j’ai franchi différents paliers. A l’adolescence, j’ai pu passer les tests d’entrée pour la section sport études de Talence. Je me suis alors rendu compte que je faisais partie des meilleurs éléments de la région. Cela m’a motivé pour continuer. Après, lorsque j’étais aux Girondins, j’ai été sélectionné en équipe de France espoirs à 17-18 ans. J’ai eu l’honneur de porter le maillot bleu des « espoirs » et là que je me suis dit que je voulais faire du haut niveau et la meilleure carrière possible. »

Le déclic n’a pas eu lieu plus tôt ?

« Avant ça, même en sport études, j’étais encore dans la logique plaisir passion. En France espoirs, en me retrouvant avec les meilleurs joueurs de ma génération, je me suis dit, il y a un truc à faire et qu’il fallait que je me donne les moyens pour fréquenter ce très haut niveau français. C’est aussi là que j’ai eu envie de porter le vrai maillot bleu qui est la vitrine de notre sport. Et c’est arrivé très vite à l’âge de 20 ans. En deux ans, je suis alors passé de l’équipe réserve à Bordeaux à joueur de l’équipe de France à côté de mes idoles. C’était presque inespéré. C’est là que tout a basculé. »
Quel cap mène à l’escalier qui monte à toutes ces médailles ?

« Je me suis retrouvé sous le même maillot que quelqu’un des meilleurs joueurs du monde. La rencontre de gens comme Didier Dinart, Bertrand Gilles ou Thierry Omeyer a été déterminante car ce sont des gros, gros gagnants, pas des mauvais perdants. Ces gens-là sont malades de la défaite et moi je n’avais pas cette dimension-là. Je ne dis pas que je suis devenu comme eux mais ça m’a fait évoluer. J’ai pris goût à la victoire et au palmarès. »

Est-ce que vous estimez être devenu un vrai compétiteur grâce à leur contact ?

« Oui exactement. Sans doute ai-je aussi appris la différence entre les champions qui gagnent tout et sur la durée et ceux qui font une belle carrière de haut niveau sans forcément gagner ou en gagnant une seule fois. Cette dimension existe dans la compétition. Certains sont construits pour les titres. D’autres dans le plaisir et la recherche de performances personnelles qui parfois conduise à un podium ou à un titre. C’est fantastique. Si moi j’avais été dans un sport individuel, je n’aurais certainement pas eu le même palmarès parce que je n’aurais pas joué en compagnie de compétiteur comme ceux-là et je n’aurais rien appris d’eux. Au contraire, j’aurais contre et à chaque fois, ils m’auraient mouché. »

Propos recueillis par Philippe PERON. A suivre demain…

Jérôme FERNANDEZ EN BREF. Né à Cernon le 7 mars 1977 (38 ans), 1,99 m pour 106 kg. Champion olympique 2008 et 2012, champion du Monde 2001, 2009, 2011, 2015, champion d’Europe 2006, 2010, 2014. Arrière gauche et meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France. Vainqueur de la Ligue des champions 2005 et 2009.
Ses clubs : Carbon Blanc, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Barcelone, Ciudad Réal, Kiel, Pays d’Aix. Chevalier de l’ordre national du mérite. Parrain de l’association ELA contre les leucodystrophies.