Emilie Bacquet et « ses mamans qui déchirent »

Emilie Bacquet et « ses mamans qui déchirent »

Emilie Bacquet et « ses mamans qui déchirent »

by 02/11/2015

Dans les Landes, le Basket Club Loos mène une action socio-sportive originale avec son action « les mamans qui déchirent ». Découverte avec Emilie Bacquet, porteuse du projet.

LOOS-Emilie-BacquetIMG_2966Emilie Bacquet, comment est née cette aventure ?
« Cette action part d’un pari entre des mamans qui restaient à l’entrainement de leur enfant et moi-même. Effectivement n’étant pas très grande (pour une basketteuse), les mamans se faisaient un malin plaisir de me le faire remarquer. Je leur ai donc proposé une petite « confrontation » lors d’une séance loisir. Loin d’un manque de volonté, elles ont fait comprendre qu’elles aimeraient justement se mettre au sport, mais plusieurs freins les en empêchaient : pas de connaissance à propos du basket, voire même sur le sport en général, peur de la mixité, honte de leur corps, pas de temps pour elles…
Je leur ai donc proposé une séance réservée aux femmes. A l’issue de cette phase plusieurs d’entre-elles qui tendaient l’oreille ont acquiescé sans l’ombre d’une hésitation. »

Le nom du projet a aussi une forte signification ?
« Le nom « Mamans qui déchirent » a été adopté par les pratiquantes quelques séances après l’ouverture. Ce nom les revalorise, en plus du fait de s’occuper de leur enfant, de leur travail, de la maison, elles ont trouvé du temps pour elles, leur corps et leur esprit. Lors de ce créneau, elles se surpassent, même fatiguées elles vont jusqu’au bout des séances qui ne sont pas toujours évidentes. A chaque coup de fatigue c’est le cri qu’elles poussent pour se motiver.
Cela leur permet également d’appartenir à un groupe et de s’ouvrir socialement. »

Quels sont les objectifs ?
« Ce projet a été conçu pour que les femmes prennent du temps pour elles (chose qu’elles mettent vite de côté). Les séances sont faites de manière à ce que les pratiquantes oublient tous leurs tracas de la semaine, se détendent, discutent entre femmes et surtout pour qu’elles se sentent bien dans leur corps pour la semaine qui suit.
Depuis la toute première séance, la pratique a évolué à la demande des mamans. Elles souhaitaient plus d’exercices physiques. »

Comment a-t-elle été mise en œuvre et avec qui ?
« Ce projet a vu le jour en décembre 2013, grâce à l’aide des membres du bureau du club. Après un sondage auprès des mamans, les séances se font le vendredi soir, jour relativement stratégique vu que le lendemain les enfants n’ont pas classe, c’est le début du week-end. Elles ont donc moins de choses à préparer pour le lendemain, elles peuvent donc profiter pleinement de leur moment. »

Quelles ont été les difficultés rencontrées et, à l’inverse, qu’est-ce qui a facilement fonctionné ?
« Les mamans se sont très vite prises au jeu. Le fait de n’avoir aucun homme dans le créneau, de discuter individuellement avec elles les a très vite rassurées et mis en confiance. Quelques-unes d’entre elles n’ont malheureusement pas adhéré. La communication nous a réellement freinées sur l’évolution du projet. Cependant depuis fin 2013 le projet perdure avec chaque année de nouvelles adhérentes (qui ne viennent pas forcément grâce à leur enfant). Certaines d’entre elles ont commencé le sport en dehors des créneaux lorsqu’elles ont compris le bien que ça leur procurait. J’en suis plutôt fière. »

Ce projet est-il transposable ailleurs ? Imaginez-vous d’autres prolongements ?
« Sans aucun doute. Ce projet peut être fait par tout club sportif désirant favoriser l’activité physique de manière conviviale chez les femmes. Nous espérons continuer à développer dans ce sens (notamment en visant les personnes les plus éloignées de la pratique physique), et pourquoi pas lorsque d’autres structures sportives auront la même chose, faire des « rassemblements de mamans » afin de garder notre objectif sur l’ouverture sociale. »

Par quels moyens vous parait-il possible de développer en France, l’éducation par le sport ?
« Simplement en ayant connaissance des différentes pratiques afin de s’en inspirer. »

Propos recueilli par Philippe Péron