Des bleus de France trop forts pour les bleus d’Islande

03/07/2016

Sublimé par une merveilleuse communion entre supporters français et islandais, ce quart de finale s’est joué avec les jambes mais, plus encore, dans les têtes. Affublée d’une énorme pression de pays organisateur et d’archi favori, l’équipe de France a maîtrisé l’événement presque de bout en bout (5-2). Physiquement et mentalement, elle a su relever ce défi, en plus du redoutable défi physique et collectif des Islandais.

Avec 4 buts d’avance à la mi-temps (Giroud (12’ puis 59’), Pogba (19’), Payet (42’) et Griezmann (44’), elle a tout simplement tué le suspense au point que l’ampleur du score a fait (injustement) oublier l’extraordinaire parcours des Islandais dans cet Euro.

Paradoxalement, alors qu’ils avaient tout à gagner et pas la moindre pression, les Vikings n’avaient pas tout à fait la tête libérée à ce quart de finale. Inexpérience ? Coup de fatigue d’un onze majeur qui a disputé tous les matches ? Qualité de la sélection française ? L’équipe d’Islande est parvenue à réduire le score mais va rejoindre son île sans avoir joué sur sa valeur. Elle a fait durer le plaisir… « Le Danemark a gagné en 1992, la Grèce en 2004. Personne ne pensait que c’était possible. Nous allons jouer chaque match avec l’intention de le gagner. Et nous verrons bien où ça nous mènera… » avait répété Hannes Halldorsson, le gardien islandais en début de compétition. Modèle de générosité, l’aventure (quelle aventure !) s’est arrêtée au Stade de France tandis que celle des Bleus continue.

Appliqués, lucides, concentrés, efficaces voire inspirés, les Français ont eu les jambes et encore plus la tête afin de faire la différence à cinq minutes de la mi-temps pour faire le break. L’Islande a baisé de régime. La France monte en puissance et peut s’en aller sereinement défier l’Allemagne.

Philippe PERON.